10juin 20112 h 08 min

Dr Jones, calling Dr Jones, wake up now !

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Photo prise lors du Bohemian Grove. On peut y voir Reagan et Nixon.

L’histoire est écrite par les vainqueurs il est vrai, et c’est pour cela qu’il faut toujours remettre en cause l’information mainstream. Il n’est pas étonnant que la plupart des médias soutenant des thèses différentes soient parfois proche de pays comme l’Iran ou la Chine. Leurs version de l’actualité, de l’histoire peut se rapprocher parfois de ces pays qui ne fait pas parti des grandes puissances qui dirigent le monde. En cela, leur version de la vérité est très intéressante. C’est pour cela que je peux lire le Réseau Voltaire comme Le Monde, en prenant pour les deux les même pincettes.

Cependant, certains vont plus loin. Plus loin dans le sens où leur vérité versent simplement dans l’occultisme, le surnaturel. J’ai donc depuis quelques semaines recommencé à m’intéresser à ce versant, à travers les rites secrets du Bohemian Grove, l’existence de la terre creuse ou bien la présence parmi nous des Reptiliens. Tout ça sur les rythmes endiablés de Rockin’ Squat. Enfin endiablé, rien de satanique.

Parti sur les pistes d’un certain Alex Jones, animateur d’une radio promulguant les thèses dites conspirationnistes, je me suis grillé la rétine sur des videos, des interviews et un de ses documentaires. Tout d’abord Alex Jones est un personnage rondouillard avec un air de prime abord plutôt débonnaire et une voix roque de radio, les choses sont quand même bien faite. Si on l’assimile au mouvement conservateur, il se définit plus en patriote américain contre le Nouvel Ordre Mondial. Oui, le fameux. Alex Jones est une sorte d’aimant à conspiration, c’est assez incroyable. Je veux dire par là que vous lui proposeriez la conspiration des mangeurs de cake qu’il vous prouverait que cela existe, que des puissants vénèrent une tranche de cake dans un ranch dans le Kentucky. Cela étant dit, son travail n’est pas dénué d’intérêt à maintes égards. Je pense à l’interview du Dr Steve Pieczenik à propos de la mort supposée d’Ousama Ben Laden, ou bien au documentaire « Dark secrets inside Bohemian Grove ».

Si je suis de nature sceptique, je me suis toujours laissé convaincre de l’existance de réseaux d’intérêt. Qu’il soit franc-maçon, de Bilderberg, le siècle ou autre. Il est prouvé que ces gens se réunissent à travers ces « réunions secrètes ». De là à imaginer que lors de ces réunions entre puissants ils puissent prendre des décisions, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement. Seulement, un pas ne suffira pas pour parcourir tout le chemin jusqu’à adhérer à toutes les thèses. Casse la tienne, je vais essayer d’en franchir un autre. J’ai donc regardé le documentaire sus-cité avec une sorte d’excitation et de trépignement. Une sorte d’envie d’apprendre, de savoir, de comprendre, bref, de connaître la vérité. Du moins celle de Dr Jones.

Vénère moi !

Une des thèses qui m’a toujours semblé infondé et ridicule, est celle d’imaginer les puissants vénérer le diable, ou pratiquer je ne sais quel culte ésotérique. Je n’arrive pas à imaginer George Bush appelé à la bienveillance de Jahbulon, déguisé en membre du KKK collection printemps-été. C’est plus fort que moi. Cependant, Alex Jones a eu la bonne idée, et c’est sincère, de filmer pour avoir une preuve de l’existance de ces rites en s’infiltrant lors d’une réunion du Bohemian Club, qui a lieu tous les ans à partir du 15 juillet. Chouette ! Et c’est le cas de le dire, le symbole de cette « société secrète » est un hibou.
Après un préambule interminable sur les préparatifs, la petite musique-qui-fait-peur, et autres artefacts dramatique à la Michael Moore, enfin, Alex Jones et un certain Mike, s’infiltrent et livrent les premières images. Je ne jugerais pas de la piètre qualité des images au vu des conditions de tournage, qui, je veux bien le croire, ne devaient pas être des plus aisés. Il est question donc de filmer la cérémonie d’ouverture, la fameuse « Cremation of care », sorte de cérémonie où l’on sacrifierai « pour de faux » un humain en hommage au dieu hibou. Oui, lui-même.
Alors, première surprise, c’est vrai. Les images parlent d’elle-même. Un public de 2000 personnes assistent en jean-basket-casquette à une cérémonie, sorte de culte au dieu hibou ou un « corps » est transporté pour être brûlé. Des espèces de membres du KKK version benetton (toutes les couleurs donc), forment une procession, déclament des paroles mystiques et brulent « leur inquiétude ». Bon.

Seulement, en voyant ça, j’avais plus l’impression d’assister à un remake d’une scène d’Indiana Jones dans un parc Disneyland. En tant que chrétien pratiquant, Alex Jones doit le voir comme une hérésie. En tant qu’athée pratiquant, je vois ça comme une jolie cérémonie d’ouverture, certes un peu morbide, mais largement au niveau de la parade de Mickey. Et c’est là que le bas blesse. Il va argumenté son discours en faisant référence à une religion babylonienne, ou à des preceptes druidiques. Il va jusqu’à se balader avec un pseudo-gothique portant une pancarte « Bush pratique l’occultisme » et crier dans un mégaphone à la Michael Moore à qui veut l’entendre qu’il est satanique.

Voilà tout le paradoxe d’Alex Jones : il veut se libérer d’une pensée unique en pensant différemment, mais il reste aliené à une sorte de croyance ultra religieuse qu’on lui a inculqué. Il fait référence à la bible de nombreuse fois, comme source évidente de vérité. Quand bien même ils vénéreraient réellement un hibou, peut-on au moins leur laissé cette petite liberté ? Leur croyance serait tout aussi infondé que celle des religions. Lui qui se déclare patriote, a-t-il oublié que son pays permet d’ériger sa propre église ? Laissons les puissants faire leur trip New Wave, laissons-les vénérer leur hibou pour de vrai ou pour de faux. Et c’est pas méchant un hibou. Hou hou.

Si il est vrai qu’une cérémonie de ce type peut exister, je dois avouer que mon impression est simplement que cela ne prouve rien. Le ton m’a paru plus à la grosse blague qu’autre chose. Il aurait été nettement plus intéressant de filmer les discours, les conversations que peut avoir les puissants, découvrir les conflits d’intérêt, les décisions… Manque de pot, rien de tout ça.

Plus loin, il y a les annunakis, les reptiliens et autres thèses fantastiques. Je ne prends pas la peine d’en parler, tellement ça relève du fantasme. Encore que, peut-être qu’Alex Jones est un reptilien à la solde du nouvel ordre mondial ? Quand les conspirationnistes commencent à s’accuser entre eux, en qui faire confiance ? Peut-être au dieu <rentrer votre animal préféré>.

27mai 20112 h 45 min

Et s’il y avait du vrai

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Ce n’est pas dans mes habitudes de souscrire ou répandre trop d’informations complotiste. Je m’y suis beaucoup intéressé par curiosité, mais avec toujours ce sentiment mitigé du « c’est trop gros » nuancé par un « ça m’étonnerait pas ».

Si je n’y souscris pas, j’ai toujours fustigé ceux qui les renient en bloc juste en les taxant de « complotiste », une sorte de mot magique qui automatiquement déchoit la validité de l’information apportée. Bien que ne souscrivant pas aux idées qui peuvent être taxé ainsi, je trouve étrange ce consensus : un discours taxé ainsi n’est pas à prendre au sérieux et est faux, par définition. Nul besoin de le démontrer, ni prendre le temps de l’expliquer. Noam Chomsky disait dans « La fabrication du consentement : Noam Chomsky et les médias »:

Si je dis que Kadhafi est un terroriste, Khomeiny un tueur, que les Russes ont envahit l’Afghanistan, etc. Tous diront oui sans hésiter. Par contre si je dis autre chose que des idées reçues, si je dis quelque chose d’inattendu, de controversé comme : « Les plus vastes opérations terroristes viennent de Washington » ou bien « Si les lois de Nuremberg étaient appliquées, on aurait pendu tous les présidents depuis 1945. », les gens s’attendent avec raison à comprendre ce que vous dites. « Mais je n’ai jamais entendu ça ! Vous feriez bien d’étayer votre propos. Vous devriez l’étayer car il est assez déroutant » mais le devoir de concision vous en empêche. C’est le génie de cette contrainte. C’est une chose importante car la beauté de la concision – dire quelques phrases entre deux publicités – c’est de limiter le propos à des lieux communs.

Médias...

Lorsqu’un artiste par exemple, dit qu’il s’est intéressé à une information mais depuis un angle différent, depuis une source différente remettant en cause la forme ou le fond de l’information, que se passe-t-il ? Défini comme personne souscrivant à ces théories, il est alors « en exil » médiatique un temps, montré du doigt et décrédibilisé.

Je pense à Jean-Marie Bigard qui a notamment dut annuler ses représentations pour cause de boycott et aussi montré du doigt par différent média.

Je pense à Dieudonné, qui lui a pris le contre pied de cela. Après avoir était boycotté pour avoir critiqué Israel dans un sketch, il a décidé d’assumer, et d’aller plus loin. Si dans un Etat démocratique, des propos critiques  sur un pays ne sont pas acceptés, la liberté d’expression existe-t-elle réellement ? Dieudonné a exploré cette piste, simplement, en allant voir ceux qui n’ont pas le droit de parole dans les médias. En franchissant cette limite, en s’interessant à des personnes ayant une pensée divergente de celle admise, il a été montré du doigt par l’ensemble des médias, politique, et par extension, une partie de la population. Ainsi, sa démonstration est assez concluante : tout n’est pas pensable. En d’autres termes, la liberté de penser possède un cadre moral établit par un consensus, et un cadre légal qui renforce le premier. Ce cadre légal est assez effarant : imaginez une histoire figée, une histoire qui n’évoluerait pas en fonction des historiens, des thèses, contre-thèses, mais une histoire figée, définit. Ce serait étrange, cela voudrait dire que l’histoire serait imposé. Aujourd’hui, c’est le cas sur l’esclavagisme et le génocide de la seconde guerre mondiale. Si il est évident que ces deux catastrophes ont eu lieu, il est symboliquement étrange d’empêcher légalement leur remise en cause.
Cependant, si la démonstration de Dieudonné est efficace, il y a toujours cet amer gout, certes voulu, de le voir avec des gens dont on ne partage pas, du tout, les idées. Mais n’est-ce pas là le principe de la démocratie ?

La liberté d’expression que l’on nous présente est aujourd’hui une sorte de liberté encadrée. Au delà, c’est soit immoral, soit plus loin, illégal. L’application de ce cadre n’est pas caché par définition, car sa démonstration permet la souscription de la population. Comme le dit Noam Chomsky, la répétition de lieux communs, du cadre des idées autorisées, font que si vous dites à votre voisin quelque chose de déroutant (qui sort donc de cette route), il vous regardera étonné.

Ce qui est alors interessant, c’est de savoir d’où vient ce cadre. Nous sommes dans des médias descendant, des médias qui n’autorisent pas le droit de réponse. La radio, la presse ou la télévision vous envoie des informations, mais vous, vous n’en fournissez pas. Ce cadre est définit par ces informations descendantes. La population, le peuple, ne participe à l’élaboration de ce cadre en aucun cas car il n’est pas fournisseur d’information. L’intervention de la population dans les médias est simplement encadré : casté, devoir de concision, et impossibilité de s’exprimer librement. Si ils ont cette liberté, le système fait que l’accumulation d’informations issus des médias qu’ils reçoivent ne donnera qu’une liberté d’expression encadré de facto par l’individu lui-même.

Télévision

Une démonstration, à mon sens magistrale, est celle de Jean-Marc Morandini invitant un des producteurs du film « Fin de concession » de Pierre Carles, Michel Fizbin. Le film dénonce la connivence entre les médias et la politique, et notamment la concession de TF1 à Bouygues, jamais remise en cause alors qu’elle devait l’être. Ce film est dérangeant, vérifié, validé, seulement il dérange la corporation journalistique sur leur rapport avec le pouvoir. Si cet article ne prend pas la peine de mentionné Michel Fizbin, mais seulement Jean-Marc Morandini, il laisse la video du « clash ». Si Michel Fizbin a quelques phrases mal habile, de facto Jean-Marc Morandini attaque et tente de le décrédibiliser, notamment sur le fait qu’une partie des interviews se soit faites sous de fausses identités et donc que c’était un piège. Rappelons que Pierre Carles n’en est pas à son coup d’essai, et était reconnu. Il explique cette démarche dans le film, et c’est amusant qu’un journaliste trouve honteux la fausse identité, technique usitée dans tous les reportages de télévision. Ce cas m’a beaucoup choqué car ayant vu le film, je peux affirmer simplement qu’il n’y a pas de triche, qu’il livre simplement une enquête qui dérange. La réaction de Jean-Marc Morandini est juste le reflet d’un taboo. Un taboo qui dérange d’autant plus que des preuves concrète de cette connivence ont lieu tous les derniers mercredi de chaque mois à l’hotel Crillon. Et bien sur, elles sont dans le film.

Le crédit des médias est entaché par ce consensus et envisager la reconsidération des informations d’autres sources prend alors une valeur. Il n’est pas question d’y souscrire, il n’est pas question de se laisser berner, car il y a du faux. Et s’il y avait du vrai ? Si ce reportage de Planet affirmant que le réchauffement climatique n’est pas dût à une cause humaint, disait stricto senso la vérité ? Si le Dr Steve Pieczenik, conseiller militaire auprès de la Maison Blanche depuis 30 ans, affirmant que Osama Ben Laden est bel et bien mort en 2002 et que le 11 septembre a bel et bien été organisé par le gouvernement américain, disait lui aussi la vérité ? Mon point de vue est de ne pas en avoir, car je n’ai pas le temps de tout vérifier. Cependant, ne comptait pas sur moi pour simplement accepter l’une ou l’autre. Mon seul désir serait de les confronter, mais comme le disait Pierre Bourdieu ou Noam Chomsky, il y a un devoir de concision. C’est là qu’Internet inquiète les politiques, les médias, les financiers : ce devoir de concision n’y sera jamais respecté. En tout cas tant qu’ils ne contrôleront pas totalement le contenu de ce média.