Licencié pour port légal d’AK-47
Julien Combe est surveillant dans un lycée, tout va bien, et voilà qu’il se retrouve licencié. Les raisons ? Des videos où il se met en scène sous forme de billet humoristique et politique. Le problème, Juliorigolo, comme il se fait appelé, a de mauvaise pensée, des pensées anarchistes. Incompatible avec le travail de surveillant selon le directeur de l’établissement et l’inspecteur d’académie.
Présent dans le documentaire de Yves Eudes, « Ma vie à poil sur le web », il illustre un des problèmes des réseaux sociaux et de l’identité en général sur Internet. La diffusion d’une partie de votre sphère privée sur un média le fait rentrer immediatement rentrer dans la sphère publique. Diffuser ses pensées, ses humeurs ou même les photos de sa crémaillère, sont peut-être des choses que l’on ne considère pas ou plus comme privé, mais la question est pourquoi ? Est-ce un besoin de reconnaissance, un besoin d’exister dans un espace où chacun s’exprime, s’affiche ? Je pense à ces blogs fleurissant où l’on se juge sur un nombre de commentaire ou d’ami. Je pense à ces réseaux sociaux où il faut exister à tout prix, être actif pour ne pas disparaître dans un fil de discussion interminable. Peut-on penser que nourrir son égo, pousser ses limites pour cela, vivre pour paraître est un progrès ?
Je ne dis pas cela pour ce sympathique personnage. Je ne le sens pas doté d’un égo gargantuesque, juste quelqu’un qui a voulu plaisanter et s’exprimer. Aujourd’hui, cette vitrine est utilisée autant pour espionner, connaître, analyser, des individus. Que ce soit sous forme de statistiques, que ce soit sous forme individuelle, le bilan est le même, notre présence sur Internet est un fichage immense plus ou moins centralisé, bien qu’à l’heure de Google tout se recoupe (cf le documentaire d’Yves Eudes, où un recruteur explique qu’il s’informe sur un candidat autant sur Copain d’avant, que sur facebook ou viadeo).
Dans mon journal extime
Comme beaucoup de gens
J’affiche mes sentiments
Mes confidences intimes
Je montre qui je suis
Je montre qui je fuis
Et de temps en temps
Je montre les dents
Rien ne peut m’ arriver
Dans ce cocon virtuel
Tel le créateur du ciel
Je peux tout contrôler
Je blog donc je suis
Ce qui n’ est pas toujours le cas
Dans l’ exercice de la vie
Où règne l’ anonymat
Je partage mes états d’ âme
Mes colères mes joies
Des souvenirs des larmes
Des idées des Foix
Exhibitionniste latent
Le mot est un peu fort
Qu’ en penserait Lacan
S’ il n’était pas mort.
Est-ce les jours l’insignifiants
Qui deviennent plus beaux
Quand on les porte à l’ écran
Exposés aux regards des badauds
Ou le besoin de se mettre à nue
Pour montrer sa réelle nature
Celle que l’on a perdue
Dans notre quête du futur
Alors passez me rendre une visite
C’est avec joie que je vous invite
Vous pourrez lâcher un commentaire
Pertinent et hautement salutaire
Ce qui me regarde vous regarde
Ceux qui me regardent vous regardent
Ce qui me regarde vous regarde
Ceux qui me regardent vous regardent
[..]
Monkey-B – Mon journal extime