31mars 20112 h 57 min

Licencié pour port légal d’AK-47

Julien Combe est surveillant dans un lycée, tout va bien, et voilà qu’il se retrouve licencié. Les raisons ? Des videos où il se met en scène sous forme de billet humoristique et politique. Le problème, Juliorigolo, comme il se fait appelé, a de mauvaise pensée, des pensées anarchistes. Incompatible avec le travail de surveillant selon le directeur de l’établissement et l’inspecteur d’académie.

Présent dans le documentaire de Yves Eudes, « Ma vie à poil sur le web », il illustre un des problèmes des réseaux sociaux et de l’identité en général sur Internet. La diffusion d’une partie de votre sphère privée sur un média le fait rentrer immediatement rentrer dans la sphère publique. Diffuser ses pensées, ses humeurs ou même les photos de sa crémaillère, sont peut-être des choses que l’on ne considère pas ou plus comme privé, mais la question est pourquoi ? Est-ce un besoin de reconnaissance, un besoin d’exister dans un espace où chacun s’exprime, s’affiche ? Je pense à ces blogs fleurissant où l’on se juge sur un nombre de commentaire ou d’ami. Je pense à ces réseaux sociaux où il faut exister à tout prix, être actif pour ne pas disparaître dans un fil de discussion interminable. Peut-on penser que nourrir son égo, pousser ses limites pour cela, vivre pour paraître est un progrès ?

Je ne dis pas cela pour ce sympathique personnage. Je ne le sens pas doté d’un égo gargantuesque, juste quelqu’un qui a voulu plaisanter et s’exprimer. Aujourd’hui, cette vitrine est utilisée autant pour espionner, connaître, analyser, des individus. Que ce soit sous forme de statistiques, que ce soit sous forme individuelle, le bilan est le même, notre présence sur Internet est un fichage immense plus ou moins centralisé, bien qu’à l’heure de Google tout se recoupe (cf le documentaire d’Yves Eudes, où un recruteur explique qu’il s’informe sur un candidat autant sur Copain d’avant, que sur facebook ou viadeo).

Dans mon journal extime
Comme beaucoup de gens
J’affiche mes sentiments
Mes confidences intimes
Je montre qui je suis
Je montre qui je fuis
Et de temps en temps
Je montre les dents
Rien ne peut m’ arriver
Dans ce cocon virtuel
Tel le créateur du ciel
Je peux tout contrôler
Je blog donc je suis
Ce qui n’ est pas toujours le cas
Dans l’ exercice de la vie
Où règne l’ anonymat
Je partage mes états d’ âme
Mes colères mes joies
Des souvenirs des larmes
Des idées des Foix
Exhibitionniste latent
Le mot est un peu fort
Qu’ en penserait Lacan
S’ il n’était pas mort.
Est-ce les jours l’insignifiants
Qui deviennent plus beaux
Quand on les porte à l’ écran
Exposés aux regards des badauds
Ou le besoin de se mettre à nue
Pour montrer sa réelle nature
Celle que l’on a perdue
Dans notre quête du futur
Alors passez me rendre une visite
C’est avec joie que je vous invite
Vous pourrez lâcher un commentaire
Pertinent et hautement salutaire
Ce qui me regarde vous regarde
Ceux qui me regardent vous regardent
Ce qui me regarde vous regarde

Ceux qui me regardent vous regardent
[..]

Monkey-B – Mon journal extime

9mars 20111 h 39 min

Dans données, il y a bien « donner »

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Patrouille tentant de maîtriser un terroriste de l'Internet

Patrouille tentant de maîtriser un terroriste de l'Internet

Sept ans après le vote de la LCEN (Loi pour la Confiance dans l’Economie Numérique), voilà que son décret est paru au journal officiel. Pour rappel, elle stipulait que les hébergeurs de contenu devait garder certaines données des utilisateurs lors d’une publication (video, texte, …). On y retrouve des informations un peu classique (date et heure, identifiant de connexion, protocole utilisé, …). Ce qui est un peu plus gênant c’est un certain nombre de donnée un peu plus personnel comme le nom et prénom, la raison social, le téléphone, l’adresse ou bien encore le mot de passe du compte et les informations relative à un éventuel paiement (numero de transaction, date et heure de la transaction …). Tout cela, pour vaincre le terrorisme. Eh oui, parce que mettre un faux nom, mettre une fausse raison sociale ou mettre un faux numéro de téléphone, ce sont des choses que les terroristes ne font JAMAIS, mais alors jamais jamais jamais ! Cette loi a trouvé leur talon d’Achille. Ils ne savent pas mentir ces gens là. Moi je dis, un grand bravo à toute l’équipe.

Si nous versons dans un tout sécuritaire qui en devient dramatique entre la videosurveillance où pour quelques crimes on flique toute une population et les mécanismes de censure qui se mettent en place sur Internet, ce décret ne fait que s’ajouter au LOPSSI ou HADOPI déjà en place, ou en passe de l’être. Dans cette politique du tout sécuritaire, certain continue de lutter, comme FDN et son président Benjamin Bayart qui m’a fait sourire avec son tweet. Néanmoins, cela devient de pire en pire, et face à ce décret, on constate encore une fois l’inutilité de la CNIL.