13janvier 20111 h 48 min

Le cloud computing orageux

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Depuis le cloud, je vois ma maison toute petite en bas !

Il est de bon ton aujourd’hui d’y être. Microsoft, Gmail, Apple, tous en font la promotion et il serait mal venu de ne pas suivre ce grand mouvement vers « le cloud ».

Le cloud est un principe assez simple : la fourniture de service sur Internet sans généralement avoir besoin d’application tierce et le stockage de vos documents afin d’y accéder où que vous soyez et généralement peu-importe le terminal (Windows / MacOS / Linux / …). Concrètement derrière ce mot de cloud se cache des services comme Gmail, Google Docs, Google Calendar, Facebook, Windows Live, Skype, MSN, … Le principe est séduisant à maintes regards :

  • Accessibilité des données partout
  • Compatibilité presque total avec tout type de terminal (application web la plupart du temps)
  • Possibilité de partage facilité
  • Coûts amoindris (la plupart de ces services sont gratuits)

En somme, si le cloud est séduisant en surface et dans les publicités Microsoft, il revêt une face moins attirante.

La sécurité des données est des arguments du cloud : si votre ordinateur meurt, vos données ne sont pas perdu, elles sont dans le cloud ! En somme il vaut mieux que son ordinateur meurt que d’oublier son mot de passe. Cependant, cette sécurité n’est pas infaillible : il suffit de remonter un mois en arrière, Microsoft annonçait une brèche dans son BPOS et une partie des données du cloud était donné à qui voulait. Les failles de sécurité existent, et les plus exposés reste ceux qui ont des grandes quantité de donnée : un hacker n’attaquera pas Madame Michu pour voler ses photos de vacances. En se remettant à une société tierce mutualisant son infrastructure, on mutualise les risques. Est-ce que mes données sont isolés des données de mes concurrents ? Et si un concurrent accéder à ces données ? Enfin, accéder à sa vie numérique ou celle de son entreprise avec un simple identifiant/mot de passe n’est pas la façon la plus sécurisée de protéger ses données. Cela permet d’y accéder partout, ce qui est en soit un risque : keylogger qui enregistre les lettres tapés sur votre terminal, un internaute au Népal peut accéder à vos données avec votre identifiant et votre mot de passe. Et vous aurez bien du mal à l’en empêcher.

La possibilité d’accéder à ses données n’importe où est un avantage. Cependant, on peut repenser à la coupure de Google, bloquant notamment le New York Times. Aujourd’hui, Google Calendar fait des siennes. Si demain Google tombe, votre entreprise ou votre vie numérique tombera avec. Et cela arrivera, sans doute. AOL ou Compuserve n’existent plus et déjà Yahoo! a décidé de fermer 8 de ses produits dont Delicious. La centralisation des données est un risque différent. Certes, elle protège des crash de disque dur, mais elle ne protège pas de la santé des entreprises.

Big Brother

J'ai dis dans les yeux

Après tout, cela est gratuit. Sans doute, mais pourquoi ? La réponse est simple et souvent la même : la publicité en ligne. C’est le nouvel eldorado d’Internet, et plus particulièrement le ciblage comportemental, voyez : AOL rachète TACODA en 2007, Google rachète DoubleClick tandis que Yahoo rachète BlueLithium la même année, Microsoft rachète en 2008 YaData. Que font toutes ces sociétés ? Du ciblage comportementale. Basé sur un grand nombre de donnée, il permet de cibler et de cerner l’utilisateur et lui afficher de la publicité en conséquence. Vos données privés ne le sont plus, vous avez permis l’accès à une entreprise tierce. Et si ils vous arrivent un pépin, oubliez le service client.

Reste le facteur essentiel : le cloud c’est chic. C’est comme ça, depuis 2-3 ans, si tu dis ton mail perso et que ce n’est pas @gmail.com, on te regarde avec deux grands yeux « gné ? ». Si tu n’es pas sur Facebook, tu n’es qu’une merde. C’est vrai, tu n’es pas au courant du dernier truc supersensatiormidépatant ou tu n’as pas vu les photos de la fête de machin qui sont EXCLUSIVEMENT sur Facebook, tu ne vaux plus pas grand chose. L’Internet du cloud est devenu une télévision : un service qui libère du temps de cerveau disponible pour pouvoir le remplir de publicité ciblée. Un bourrage de mou plus efficace. Le cloud n’est pas un nuage comme les autres, vous imaginez, il veut contenir 7 milliards d’individu. C’est un espèce de rouleau compresseur géant.

Soyez libre et indépendant.